Peut-on décréter l'Histoire?

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Le génocide arménien. Le genre de débat qui transforme les érudits les plus civilisés en militants passionnés, pour ne pas dire plus... Difficile de faire la part des choses entre réflexion et fibre nationale. Le sang qui coule dans nos veines finit toujours par prendre le dessus sur les connexions du cerveau. Le représentant de la communauté arménienne Ara Toranian est ainsi monté en régime au fil de l'émission, et c'est l'historien Pierre Nora qui a fini de le chauffer à blanc. Le politologue Ali Kazincigil, franco-turc, était moins sur la défensive, dans la mesure où la plupart des intellectuels français refusent par principe que la loi dicte l'Histoire. C'est l'un des paradoxes français: vouloir réfléchir sur tout, tout en voulant... légiférer sur tout! Peut-être cela vient-il d'une frustration de nos hommes politiques, qui, à défaut d'entrer dans l'Histoire, se consolent... en l'écrivant!

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charles 13/10/2006 16:17

Aujourd'hui, chaque petit nouveau-né français qui débarque reçoit en cadeau (en plus de ses dettes soit dit en passant) une véritable camisole de force législative qui va régenter l'ensemble des liens sociaux l'unissant aux autres, les opinions qu'il va devoir adopter et les propos qu'il va pouvoir tenir ou pas.
Toutes ces lois, dont l'existence est sensée satisfaire un amas de bons sentiments (car chacun sait que l'enfer est pavé de bonnes intentions), ont pour seul effet de déshumaniser complètement les relations sociales. Elles symbolisent en cela l'horreur intrinsèque du socialisme (qui n'est rien d'autre qu'un ensemble de théories vaseuses consistant à substituer aux relations humaines normales des relations déterminées par la loi et érigées par des beaux-esprits croyant savoir mieux que tout le monde comment les individus doivent se comporter entre eux). 
Evidemment, la liberté d'expression est bafouée et l'on se dirige tout droit vers des raisonnements totalires sans s'en rendre compte, tout anesthésié que l'on est par le sentiment de servir une bonne cause.
Le génocide arménien a existé; il a été une abomination au même titre que l'holocauste, le communisme ou le génocide vendéen en 1793 et dès lors que d'autres lois existent pour condamner pénalement les négationnistes de tout poil, il n'y a pas de raison de refuser une telle loi aux arméniens. Cependant, le bon-sens et l'humanisme réfléchi devraient conduire à supprimer toutes ces lois plutôt que d'en créer de nouvelles au motif de l'égalité de traitement.
L'histoire ne doit être l'affaire que des historiens et il faut admettre l'idée que des débats historiques ne soient jamais tranchés par la loi car il y a beaucoup plus à perdre qu'à gagner dans une telle démarche.
Par-contre, il est tout-à-fait normal et sain qu'un état se reconnaisse dans un ensemble de convictions, de connaissances et de principes fédérateurs. C'est cela qui justifie qu'un chef  de l'Etat puisse officiellement dénoncer, au nom de son pays, un génocide. Mais la loi n'est pas là pour enterriner une telle démarche.
De manière plus large, il y a en France un ensemble de lois objectivement liberticides (quand on sait à quel point il est nécessaire d'endiguer l'inflation législative, il est consternant de conserver ces lois, ou pire, d'en créer de nouvelles). Par exemple des lois qui restreignent la liberté de choix d'un employeur ou d'un bâilleur pour choisir respectivement un employé ou un locataire au motif qu'il ne faut pas faire de discrimination ethnique. Quel hurluberlu est assez stupide pour croire que de telles lois vont réduire le racisme alors qu'elles ne font évidemment que le renforcer ? Ce que je vais dire est très politiquement incorrect mais c'est pourtant une évidence: si quelqu'un ne veut pas embaucher un noir ou un maghrébin, c'est son droit  et cela ne doit pas être négociable; cette personne doit assumer la bonne marche de son entreprise et rien ne saurait justifier qu'on la force à embaucher quelqu'un dont elle ne veut pas (pour une bonne ou mauvaise raison). De la même façon, lorsque l'on sait à quel point la législation est défavorable aux propriétaires de logement, l'état est très mal placé pour leur interdire d'accepter qui ils veulent comme locataire (sauf à ce que l'état assume financièrement les défauts de paiement des locataires). Si l'on devait pousser la logique de ces lois jusqu'au bout, l'état finirait par nous imposer nos fiancé(e)s et nos époux(ses), que l'on aurait interdiction de choisir sur des critères ethniques...
L'amitié, la fraternité, le respect, l'humanité ne se décrètent pas par la loi. La loi ne peut que tuer ces valeurs lorsqu'elle se targue de s'y substituer.