Pascal Clément déjugé

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       En plus d'être le rapporteur de la Commission d'Outreau, il est avocat, Philippe Houillon. Voilà qui explique, à la fois ses qualités d'éloquence, manifestes sur le plateau, et en dehors. Et voilà qui explique aussi, peut-être, la dureté de son discours sur les juges. Depuis des années et des années, les avocats serrent les dents contre les juges du siège, suspectés à tort ou à raison d'être naturellement plus sensibles aux arguments des procureurs qu'aux leurs, puisqu'ils appartiennent au même corps (les magistrats).

                                                                                                                                                                                                                               Et l'affaire d'Outreau a ouvert une brèche si béante dans ce systême que les avocats continuent, aujourd'hui, de s'y engouffrer. Et quand on voit Karine Duchochois, quand on l'entend raconter ce qu'elle a vécu (et encore, elle est l'une des rares parmi les acquittés à n'avoir pas eu à affronter la détention provisoire), on ne peut évidemment que se ranger corps et âme du côté de la défense face à l'institution. C'est tout le problème de ce dossier, et de ses implications politiques actuelles. On voit bien que les enjeux électoraux à venir paralysent tout, et le rebondissement de l'affaire Clearstream ne fera sans doute que troubler encore un peu plus le jeu. Le Garde des sceaux, en théorie, devrait clarifier tout cela et faire avancer la réforme, ou au moins en fixer le calendrier, comme le demande Karine Duchochois.

 

 

 

Il avait une belle occasion d'être LE ministre de la réforme. Avec le couac de vendredi, et l'épaisseur pour le moins réduite du texte qui s'est retrouvé ce matin en Conseil des ministres, c'est mal parti! Alors pourquoi Pascal Clément ne va-t-il pas plus loin? Pourquoi ne monte-t-il pas non plus au créneau quand son collègue de l'intérieur attaque frontalement les juges, en les accusant de "démissionner" en Seine-St-Denis, par exemple? Se ménagerait-il un après-présidentielle? Espère-t-il rester à la Chancellerie en cas de victoire Sarkozyste? Si c'est le cas, c'est un mauvais pari. "Ca n'est pas la tradition républicaine", me rappelle Philippe Houillon après l'émission. Alors, pourquoi?...

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Eric Gillot 27/10/2006 12:27

Sur Pascal Clément , je trouve votre article parfait, mais ces réforme hâtives ne sentent-elle pas la fin de règne ?
Pour changer de sujet: Hier un journaliste à appelé les incendies criminels de bus "une incivilité" !           Combien de morts carbonisés dans un autobus pour que la presse se demande enfin si il y a un pilote dans l'avion au ministère de l'intérieur ?
Le peuple Français est étrange:  Il s'offusque des moindres propos des ministres. Des mots tels que "Racailles" ou "Sauvageons" provoquent des levées de boucliers !                                                          Mais il ne s'offusque pas des actes les plus graves, ni du fait que les promesse ne soient jamais tenues !
Quel est le rôle de la Presse dans ce détestable constat ?
 

philippe 26/10/2006 09:40

il n'y a que les "penseurs" pour donner écho à la parole de la caste des juges. Ils sont outrés par les propos de SARKOZY. ils vont mieux quand ils apprennent que la réforme de la justice ne touchera que la police (???) par le maintien de l'enregistrement des GAV, et ils sont outragés quand on envisage des sanctions contre eux.
Pourquoi seraient-ils au-dessus des lois, quand ils sont les seuls à l'appliquer?