Livres: le prix et l'argent

Publié le par blog-question-actu

         En France, les éditeurs sont aussi des écrivains. Cette bizarrerie ne surprend personne chez nous, alors que c'est une exception française. Partout ailleurs, et notamment dans les pays anglo-saxons, les 2 métiers sont séparés de façon étanche. Waterproof. L'éditeur est un conseiller. Quand l'auteur part dans des circonvolutions trop elliptiques, qu'il se coupe des lecteurs, il est là pour le remettre dans le droti chemin... commercial.

           Etrange, comme le simple fait d'écrire ce mot me pose problème. Je suis sûr que vous le ressentez aussi en le lisant. Voilà qui en dit sur la pesanteur du matraquage culturel dont nous sommes tous victimes de puis la naissance, et qui nous apprend que l'argent serait l'ennemi de la création libre. Reconnaissons, à la limite, qu'il peut être considéré comme une barrière. Mais un ennemi, certainement pas. D'ailleurs, qui oserait dire que la littérature anglo-saxonne se porte plus mal que la française? Où sont aujourd'hui les grands écrivains, ceux qui bousculent les codes? Le dernier Bret Easton Ellis (Lunar park) dépasse de loin tous les derniers Goncourt réunis.

         James Ellroy, dont on reparle en ce moment pour cause de sortie de l'adaptation ciné du Dalhia noir (à fuir, soit dit en passant, pour tout ceux qui ont lu et adoré ce roman), sera étudié dans les lycées français dans moins d'un demi-siècle, j'en fais le pari. Tom Wolfe reste immense, son dernier opus, Moi, Charlotte Simmons, bizarrement sous-estimé par nos critiques, est sidérant de drôlerie et d'acuité sur la jeunesse d'aujourd'hui.

 

 

 

       

             Et même LE évènement littéraire français dont tout le monde parle, a été écrit par... un Américain (Les bienveillantes, of course...). Et pendant ce temps, que fait le petit monde de la littérature française? Il continue à chercher le sexe des anges, du Goncourt et d'ailleurs. Heureusement, des éditeurs "alternatifs" tentent bien de percer des brêches, et ils y arrivent souvent, rencontrant même parfois de gros  succès commerciaux. La condescendance à leur égard s'estompe, et c'est tant mieux.

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Eric Gillot 03/11/2006 15:37

Cher Julien Arnaud,   Autant je trouvais votre commentaire sur Bush assez superficiel, autant je trouve fondée votre analyse des Prix littéraires.   J'ai moi-même beaucoup de mal à lire les auteurs Français "primés"  et toute cette littérature "mode" ou le style est surtout un exercise de style et le sujet trop souvent auto-biographique.   Il est vrai que je suis un "paysan"  et que j'ai besoin d'une histoire vraisemblable et originale issue d'un "vécu".
Jim Harrisson, Steinbeck, Camus......... au secours!