Quand t'es dans le désert

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Bêtement, je croyais que des élections législatives, c'était destiné à arriver au gouvernement. A mettre en oeuvre un programme politique. Des idées, tout ça, quoi. Et bien pas cette fois. Au PS en tout cas, la ligne fixée est la suivante: on limite la casse. "Il faut un contre-pouvoir pour équilibrer les pouvoirs". Pour garder un filet de voix. C'est tout. Le programme? On verra. Et les chefs? On verra.

Officiellement, c'est France 98: col-lec-tif (à lire avec l'accent Ayméjacquetien)! En réalité, le vernis de la langue de bois n'a jamais été aussi facile à gratter. On fait à peine semblant de s'entendre. Un exemple: le Bureau national du PS. A la sortie, tout va très bien Mme la Royal. En réalité les attaques ont fusé de toutes parts. Durement. Ségolène Royal quitte les lieux assez vite, avant que le ton monte pour de vrai. A la sortie, c'est elle qui donne le "La" de la concorde. Les autres n'ont d'autre choix que de suivre, alors qu'ils aimeraient bien en balancer quelques unes, tout de même. Mais pas question de passer pour celui qui fait sauter la maison rose.

Entretemps, qui tient la baraque? J. Dray disait dimanche soir: "S. Royal a réglé le problème du leadership de la gauche". Ah bon? Alors pourquoi C. Caresche, autre soutien de S. Royal, nous répond ce matin "Non" à la même question. L. Fabius, paraît-il, a prévenu ses amis: jouons l'apaisement, les lendemains n'en seront que plus triomphants. Quant à DSK, il rêve de se lancer sur le boulevard de la 3e voie, emmenant dans son sillage les 18% de F. Bayrou.

Bayrou, justement. On le revoit encore, fièrement juché sur son tracteur blanc, brandissant au lendemain du 1er tour, sabre au clair, l'étendard du renouveau. Il a triomphé du complot médiatico-politique ourdi contre lui. Il a déjoué toutes les manoeuvres des basses officines lancées à ses trousses, pour le compte des puissants qui sentaient, sur leur nuque, le souffle vengeur de la faux électorale! Et il s'avance, nanti de ses millions et millions de supporters, enfin libérés par lui d'un joug  infâââââme... Il s'avance alors jusqu'à l'orée du champ de bataille, ce moment où les généraux se laissent dépasser leurs 1ères lignes galvanisées. Lui reste en retrait... pour diriger la manoeuvre, bien entendu! Mais les secondes passent. De longues secondes. Et de 1ères lignes, point. Il se retourne. Personne. Le vide. LE silence. Le désert. Ne reste plus qu'à le traverser. P., 5 ans!

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marie-christine Gran 09/05/2007 12:57

Réponse au commentaire No.1:Il y a des journalistes de gauche, des journalistes de droite et des journalistes du centre (très rares, espèce en voie de disparition);  en tous cas la liberté de la presse écrite existe depuis quelque temps, alors pourquoi pas celle de la télévision?Signé: une supporter de Sarkozy, oui, oui!

lambert 08/05/2007 18:21

Je viens de regarder votre émission et je suis outré de l'attitude de C. Barbier. Est-il conseiller du Ps ou journaliste; il doit être très deçu, mais il est sorti de son rôle?