PS: Fatal attraction

Publié le par blog-question-actu

C'est le livre qui fait débat: La femme fatale (ed. Albin Michel), signé Rafaëlle Bacqué et Ariane Chemin. Les 2 auteurs nous expliquent comment les difficultés conjugales du couple Hollande-Royal ont plombé la campagne de la candidate. Comment les camps se sont dressés les uns contre les autres. Comment les haines se sont développées, au fur et à mesure que chacun était sommé de choisir l'un (ou plutôt l'une) contre l'autre. De vieux amis du couple n'ont toujours pas compris leur disgrâce. Avec, qu'on le veuille ou non des conséquences politiques. Un exemple: Jean-Pierre Jouyet, très proche de la famille resté fidèle à Hollande, et qui va finalement s'inscrire parmi les fameux Gracques, ces hauts fonctionnaires de gauche qui ont appelé à voter pour François Bayrou. Le livre fourmille de ce genre d'anecdote, qui explique les ratés de la campagne. Et c'est pour cela qu'il ne doit pas être considéré comme un Voici politique de 200 pages.

Le dernier coup d'éclat de Ségolène Royal prouve d'ailleurs que la défaite électorale est loin d'avoir purgé ces frustrations. Au contraire. Samedi dernier, Conseil national du PS. Elle sort avant la fin, et profite de la marée journalistique qui l'accompagne pour dégoupiller sa grenade: en substance, elle demande à ce que le candidat de 2012 soit désigné au plus vite, pourquoi pas dès l'année prochaine. Les autres sortent de la réunion ébahis: ils croyaient (naïfs!) que l'urgence, c'était les législatives, et non la présidentielle 2012. Et dans leurs commentaires, ses supporters vont encore plus loin, tel Vincent Peillon, qui en a marre de voir les mêmes depuis 20 ans sur les plateaux-télé, ou JP Chevènement qui balance sur les éléphants absents de la campagne, et donc responsables, selon lui, de la défaite.

C. Bartolone découvre ces commentaires sur le plateau de Question d'actu. "Peillon est irresponsable", lâche-t-il en direct, furieux. Cela fait déjà 20 minutes qu'il monte en régime, et il explose. Marre de jouer les pacificateurs, face à un camp qui déverse des bidons d'essence sur les cendres incandescentes! A la pause de l'émission, déjà, le ton était monté entre David Assouline (Ségolènien) et Harlem Désir (Jospiniste). Sur le thème: elle au moins, n'a pas fui ses responsabilités comme en 2002. Réponse de H. Désir: "Mais bien sûr, c'est la faute de Jospin, on va nous la resservir encore longtemps celle-là?"

Etonnant, vraiment, d'entendre les appels à l'unité, mâtinés de relents de haine ancestrale, qui ne risquent pas de se régler en 15 jours. A la sortie du plateau, d'ailleurs, ça flingue dans tous les coins: "tu parles pas de tous ceux qui nous disaient qu'elle était nulle, 2h avant d'aller rejoindre son comité de soutien". Les noms défilent, et l'on mesure le chemin qu'il reste à parcourir au PS avant de retrouver des allures de vainqueur: un chemin de croix.

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HG 20/05/2007 22:39

Bien évidement un camp qui gagne a moins de soucis à gérer les problématiques internes et les règlements de comptes. Une victoire de la gauche aurait donné sans doute une impulsion... On ne saura jamais !
Pour le moment le nouveau président a fait plutôt un bon parcours, à part son escapde de gagnant do loto, il faudra voir sa manière de réformer. 53% des votes, lui laisse une certaine légitimité, mais ATTENTION, cela ne veut pas forcement dire que les Français souhaitent forcement l'application de toutes les mesures. Sans doute y-a-t-il dans ce vote le choix dans une capacité, le vote contre la gauche ou la personne de S.ROYAL. Donc le maniement des réformes est à mener avec précautions, la droites précédement et la gauche s'y sont assez cassé la figure, il n'est nulle question d'arriver jusqu'à un blocage de la société qui là, serait hautement préjudiciable.

m.c. GRAN 17/05/2007 11:31

On est, du moins pour nombre d'entre nous, bien contents de voir Monsieur SARKOZY au pouvoir, si l'on observe à  quelles batailles se livre le PS...Je vous l''avais déjà écrit, nul besoin de regarder les feuilletons de l'été, le PS nous en sert un tout chaud, et en avant-saison, même!Imaginons ce que ça aurait été si Ségolène avait gagné les élections: les coups bas pour les postes ministériels, les batailles pour les législatives, les combats pour les municipales et la perte de temps pour les consultations avec les partenaires sociaux, qui, complètement perdus, n'auraient pas su de quel côté se tourner dans ce brouet opaque de vociférations internes.On critique déjà le Président (évidemment, tiens!), mais avec lui, c'est clair, rapide et on ne traîne pas. Messieurs et Mesdames les insatisafaits, ne soyez pas amers; je suis convaicue que la France  a fait le bon choix. Mais maintenant, il faut s'y mettre et avec toute notre bonne volonté!MCG

guy-achille 15/05/2007 13:51

Eh oui!!!
J'ai suivi ce débat avec beaucoup de passion mais également d'amertume quand je vois qu'il n'y a pas qu'en Afrique qu'on est capable de supporter la bêtise même quand celle-ci remet en cause nos valeurs fondamentales. Je ne suis pas français, mais j'ai suivi avec grand intérêt les élections en France et je dois dire que le PS ne peut s'emprendre qu'au PS et en particulier à François Hollande d'abord et ensuite à Mme Royal pour 3 raisons :
1. M. Hollande n'a pas su, malgré sa position de 1er secrétaire de PS, assoir son Leadership et dans la foulée, il s'est laissé dépasser par sa compagne qui, à l'opposé de Sarkozy, n'avait pas préparé son affaire malgré sa détermination ;
2. Il n'a pas su imposer le parti dans la campagne de Mme Royal qui en a profité pour faire campagne à part et donc aligner des erreurs;
3. la plus grave a été de fausser complètement les les primaires en balisant les débats, évitant ainsi de mettre en évidence les lacunes de Mme Royal.
La responsabilité de Mme Royal a été de ne pas avoir fait preuve d'humilité. Apprendre n'est pas une mauvaise chose et les sondages ne font pas les résultats.
M. Hollande l'a compris très tard et au moment où il a voulu réagir, sa compagne avait commencé depuis bien longtemps à se passer de ses conseils, d'autant qu'elle avait à ses côtés les jeunes qui espéraient vivement que leur tour était arrivé de prendre à travers elle le pouvoir au PS et mettre ainsi en minorité les anciens.
Quelle dommage!!! et effectivement, comment se départir de ces réalités si l'on veut parler de leadership au sein du parti, parce que toute la question est désormais là ?