Energies politiques renouvelables

Publié le par blog-question-actu

1) Que penser d'Alain Juppé? Bon sujet de dissertat'.

Dimanche soir. La nouvelle tombe, hébétude sur le platerau de TF1. Ambiance: "nooooon... papossible...". Et on a beau se le répéter, c'est vrai qu'on a du mal à imprimer. Juppé, le nouvelle star du gouvernement Fillon I. Le phoenix en pleine mutation version albatros. A peine rené (avec l'accent quebecqois) de ses cendres, on lui tranche les pattes! Sur la piste d'envol! Et on est là. Bouche bée.

Le seul à avoir apparemment encaissé, c'est Alain Juppé lui-même. On n'a même pas encore eu le temps de refermer la bouche, qu'il apparaît devant nos plateaux-télés. Droit dans ses bottes. "J'ai perdu, salut", en substance. Ce sont des advseraires qui manifestent bruyamment derrière la caméra, ce qui renforce l'impression de flottement. Retour en plateau. JL Borloo a pratiquement les larmes aux yeux. Sincère? Il en fait trop? On cherche le signe qui  ferait pencher, mais vraiement, impossible à dire. Grand pro. Les témoignages de sympathie s'enfilent, dans une ambiance de deuil. Même à gauche on s'y met. DSK, sur une radio, quelques jours plus tard: "Je me félicite de l'élection de M. Delaunay. J'aurais préféré que ce soit contre quelqu'un d'autre".

Bref, on est à des années-lumière du lynchage post-retournement de situation. Et pourtant, le lendemain, aux journalistes: "vous voulez me voir crever, hein? C'est ça que vous voulez?" Lèvres serrées, toute haine sortie. On était dans la compassion, mais voilà l'agression. Allez, fatigue passagère...

2) Vous connaissez Najjat Belkacem? Oui, si vous regardez Question d'actu. Mais sinon... Et pourtant, c'était la porte-parole officielle de campagne de Ségolène Royal. L'équivalent de Rachida Dati, si vous voulez. Vous ne l'avez pas vue? C'est normal. Elle explique elle-même comment le besoin permanent de respecter les temps de parole des différents courants a plombé le message. Personne ne savait jamais qui tenait les points presse officiels quotidiens. Mais celui qui n'a pas vu qu'il tenait là un vecteur de message autrement performant que JL Bianco ou JP Chevènement  doit retourner en stage de communication politique.

Najat Belkacem (Porte parole de Ségolène Royal pendant les présidentielles) et

Renaud Dely (Directeur adjoint de la rédaction de Libération)

Parce que les énergies nouvelles, elles existent à gauche. Autant qu'à droite. La différence, et le secret de la victoire de N. Sarkozy, c'est qu'un camp a su les exploiter, et pas l'autre. Après tout, c'est ça un bon manager.

Energie nouvelle. Renouvelables. Et dire que c'était devenu la spécialité d'Alain Juppé...

Roland Cayrol (Directeur de l'institut de sondages CSA) et Olivier Dussopt (député PS de l'Ardèche, Benjamin de la nouvelle Assemblée nationale)

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Marie 03/09/2007 20:03

Quoi nous aurions de la haine pour elle,mais non,elle nous a pris pour des idiots et des nuls,alors pour moi c'est Royal plus jamais,mais pas de haine.

M.C. GRAN 01/07/2007 19:04

Dommage qu'il y ait un tel retard dans Questions d'actu...Actu d'hier? Nous sommes le 1 juillet,  ohé!!Ou n'y a-t'il pas de sujet qui vous inspire? Et pourtant...

donnip 28/06/2007 11:05

Cher Julien Arnaud,
 
In fine, je pense que l'on doit conclure qu'Alain Juppé, qualifié de "meilleur d'entre nous" par Jacques Chirac il y a plusieurs années, n'est pas celui qu'on croit.
Deux hypothèses:
1/ Il n'est pas si intelligent qu'il y paraît. A tout le moins, il manque singulièrement de sens politique. Pourquoi s'être lancé dans la bataille des législatives alors que rien ne l'y obligeait? Par ailleurs, il avait la possibilité de choisir une circonscription moins périlleuse. Ses amis l'avaient d'ailleurs mis en garde "N'y va pas, pas ici, choisis roi un autre poiont de chute",  disait Hugues Martin.... En vain. Il s'est rétamé et l'Elysée s'en amuse en parlant de la fin du "dernier des dinosaures chiraquiens". Pour un peu, Nicolas Sarkozy n'aurait pas rêvé meilleur scénario.
2/Ou alors, deuxième hypothèse, Alain Juppé a le culte de l'échec. Il fait tout pour se rétamer, il cultive son image de mal-aimé et trouve son plaisir, son accomplissement dans une forme de masochisme politique. Ainsi a-t-il dû ressentir une vague de plaisir lors des grèves de 95, ainsi a-t-il pris sur lui les condamnations dans l'affaire des emplois fictifs de la Mairie de Paris avec délectation quand on évoquait son "sacrifice", ainsi a-t-il savouré sa veste à Bordeaux.
En tout état de cause, Alain Juppé n'est pas celui qu'on croyait.
Bien à vous et merci pour votre remarquable émission.