Le temps des porte-plumes

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La forme choisie par le Président a déjà un parfum d'antan. C'est une lettre, que Nicolas Sarkozy a donc envoyée à chacun des 800.000 profs de France. Chez eux. On est loin du simple show-télé, du mail ou, pire encore, du texto! Imaginez le Président qui souhaiterait bonne rentrée en phonétique pour faire branché...

Au lieu de ça: tentative de réhabilitation de l'écrit. Avec un message censé réconcilier les 2 courants qui s'affrontent depuis toujours et qui n'en finissent plus de déchirer l'école française. Pour faire simple: d'un côté, ambiance craie, tableau noir et doigt sur la couture de la blouse. De l'autre, atelier macramé, prof-copain, il est interdit d'interdire.

2 visions hyper-caricaturales évidemment. Alain FInkielkraut (tenant des "durs") et Philippe Meyrieu (l'alter-ego pédagogiste), sont venus en débattre et, franchement, dans leurs livres respectifs, ils n'échappent pas eux non plus, et malgré toute leur intelligence, à une certaine auto-caricature. Exemples:

Finkielkraut: "le problème ne tient-il pas également à l'extension indéfinie des droits de l'homme?" (p135)

Meyrieu: "il ne peut être question de "restaurer l'autorité" mais, bien au contraire, d'aider les jeunes à retrouver le goût de contester l'autorité" (p... 68, ce qui ne s'invente pas!)

Phrases sorties de leur contexte, avec un peu de mauvaise foi évidemment.

Alain Finkielkraut: La Querelle de l'école (Stock/Panama)

Philippe Meyrieu: Pédagogie: le dévoir de résister (esf éditeur)

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Fan2finkie 06/09/2007 21:22

"franchement, dans leurs livres respectifs, ils n'échappent pas eux non plus, et malgré toute leur intelligence, à une certaine auto-caricature. Exemples:
Finkielkraut: "le problème ne tient-il pas également à l'extension indéfinie des droits de l'homme?" (p135)"
C'est ridicule et malhonnête de citer une phrase hors contexte quand il s'agit de développer une pensée complexe comme celle de la critique de l'égalitarisme par Tocqueville (car tel était bien le raisonnement développé par Alain Finkielkraut !).  Finkielkraut ne signifiait pas par là son allergie viscérale à la démocratie mais à l'idée d'un nivellement par le bas causé par le souci trop présent dans nos sociétés de se tourner vers les derniers au détriment du principe de sélection (idée pourtant portée par la gauche d'antan pour faire face à la reproduction sociale ne bénéficiant qu'à l'aristocratie). Conclusion, cherchez à comprendre ce que disent les auteurs plutôt qu'à les rabrouer injustement, merci.