french lose

Publié le par blog-question-actu

Abords du Stade de France, 19h30 samedi soir. Je faufile ma crève au milieu des hordes de supporters en blanc. Dans la tête, Radiohead: "What the hell am I doing here? I don't belong here". La certitude que l'Angleterre a déjà gagné.

A 5m sur la gauche: le prince Harry himself. Bougon, grognon, conforme en tous points à la caricature qui est donnée de lui. Une graine de vrai-faux petit voyou anglais. Poil de carotte en jersey à la rose, ça change de l'uniforme nazi!

Il ne bronche pas à l'arrivée des équipes, menton enfoncé dans le coude. Exulte à l'essai-gag anglais. Puis se renfrogne à nouveau: Beauxis enquille, soulevant à chaque fois tonnerre de chambrage de lèse-majesté dans la tribune T. A peine fronce-t-il encore un peu plus ses discrets sourcils roux. Il attend. Il a raison.

Parce qu'à la fin, Wilko se charge tranquille d'enfoncer les derniers clous du cercueil de l'équipe de France. Il n'y a plus qu'à balancer ce grand cadavre à la renverse, dans un trou qui était en réalité déjà creusé depuis longtemps. Harry disparaît dans les bras de ses voisins, qui forment autour de lui un maul... pénétrant.

On se met à regretter... les Blacks! L'aveuglement patriotique de Cardiff nous saisit soudainement. En sortant la NZ, les Français, finalement, condamnaient cette coupe du monde à consacrer le triomphe du bétonnage. Pourtant, Dieu que je ne regrette pas l'époque de ces micromégas, qui mouraient la fleur au fusil, au champ d'honneur du pseudo-panache, de ce mythique "french flair" devenu, hors de nos frontières, une autre façon d'appeler la "french lose".

Souvenez-vous et ne regrettez rien: il n'y avait même plus besoin, à une époque, de battre les Français: ils s'en chargeaient tout seuls, faisant n'importe quoi au nom du beau jeu. L'époque des perdants magnifiques est révolue, et c'est tant mieux. Mais il fallait inventer autre chose. Un juste milieu...

Dommage: dans les squares, le ballon ovale avait  commencé à sérieusement concurrencer son copain rond. 

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Jeff de Burlats 16/10/2007 17:32

Comme ce commentaire est convenu, typique du parisianisme qui s'embrase telle la brousse africaine et dont les flammes si hautes disparaissent pourtant si vite, au vent de la savane ou en l'occurence, au vent du temps. Comme cela est typique, comme cela est français ou "frenchy". Finalement, le journaliste d'aujourd'hui rejoint la cohorte des "people" qui investissent un "Lubéron sportif" aux fins de mieux l'abandonner quand il y a risque pour l'image, ou pour le "standing". Rassurez-Vous, jeune Monsieur, le pays de l'Ovalie a des frontières bien trop lointaines pour être appréhendées par les quelques "fans" d'un soir. Nous y jouons, nous y prospérons et nous y cultivons autour du cuir magique, quelques vertus, au premier rang desquelles; le respect. Allez, sans rancune jeune monsieur, cantonnez-vous aux vraies questions d'actu, vous y excellez! Respect!

ll 16/10/2007 15:28

Excellent
Notre amii (e?) Donnip l'a très bien résumé.
 
 
 

donnip 15/10/2007 17:04

Magnifique!
Faut-il donc que la France défaille face à l'eternel ennemi anglois pour que vous, sire Arnaud, vous dégainiez la plus belle de vos plumes pour nous servir une chronique pleine de verve! Diantre, quel verbe!
Consolez-vous divin chauve chauvin! Le peûle Laporte part à la soupe et laisse la place à un successeur qui saura j'en suis sûr, faire rendre gorge à ces Anglois et renvoyer la q---e basse ce poil de carotte de pacotille.
Bien à vous