XIII impressionnant

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C'est mon Graal professionnel. Mon Panthéon imaginaire: les interviews de Clint Eastwood, Sergio Leone, Woody Allen, James Ellroy, Michael Connelly et Bret Easton Ellis. Possible, mais pas simple (surtout pour Leone).

Plus accessible et, dans le fond, pas moins classe: le rendez-vous de ce mardi, avec 2 monstres sacrés que je vénère humblement depuis mon plus jeune âge: Jean Giraud (alias Moebius, co-créateur avec Charlier de LA BD des BDs: Blueberry), et Jean Van Hamme, scénariste de génie, créateur entre autres de Thorgal, Largo et XIII, dont l'ultime (mais pas forcément la dernière... ) aventure vient de se sortir.

                       

                                        Jean GIRAUD        

 

                               Patrick GAUMER

                                                    Jean VAN HAMME

 

Si votre chemin n'a jamais croisé celui de ces personnages de BD mythiques, réjouissez-vous, car c'est un, que dis-je?, un millier, un million, une infinité de nouveaux mondes qui s'ouvrent à vous. Je paierais cher pour oublier ces albums dévorés 1000 fois, afin de les découvrir à nouveau. Si vous avez, comme beaucoup, une BDphobie issue de... de quoi au fait? rangez-la dans la bibliothèque et dévorez à votre tour.

Vous deviendrez vite pareils à ces zombies, sur les jambes desquels vous butez sans susciter la moindre réaction de leur part, dans les rayons de la FNAC. Pour avoir moi-même hanté ces rayonnages, je puis vous dire qu'il n'existe rien de pareil: à la seconde où s'ouvre le livre, vous voilà plongé dans un autre univers. Vous voilà Alice au pays des merveilles, ou les enfants du Monde de Narnija. Vous voilà Mia Farrow , entrant dans l'écran de la Rose pourpre du Caire.

                              Blueberry : Apaches

Giraud, donc. Il a compris que je ne partageais pas l'orientation donnée à Blueberry après la mort de Charlier. Ce héros aux 1.000 stratagèmes pour se sortir des situations les plus alambiquées, cette belle gueule amie des indiens 30 ans avant Kevin Costner, s'est transformé en ectoplasme contemplatif des aventures des autres (les frères Earp, les Clanton, bref OK Corral). Et, bien qu'il ne fasse pratiquement rien, il se prend quand même une balle dans le coeur presqu'à chaque épisode. A chaque fois bien entendu, il ne manque pas de revenir dans le monde des vivants.

Giraud entend, comprend, admet. Mais assume. Tranquillement, intelligemment, et on l'écoute, car comme il ne manque pas de le rappeler lui-même, il a, plus que nul autre, contribué à faire basculer son art au 9e rang. Il TENTE, et finalement c'est le genre d'actions auxquelles il est difficile de donner tort.

Van Hamme, donc. Je lui demande si Hollywood l'a contacté? "Non, mais je préfère". Ah bon, il ne rêverait pas de travailler avec Peter Jackson, par exemple? "Qui ça?" Ben... le réalisateur du Seigneur des anneaux, quoi! "Je ne l'ai pas vu". Je croyais trouver un écureuil, bondissant d'un monde de rêves à l'autre, je trouve un auteur appliqué, qui donne, froidement, d'entrée, la recette magique d'une bonne histoire: "un début, un milieu, une fin. Point". Je suis surpris. Pas déçu.

Le dernier round, en revanche, me déçoit. Van Hamme le reconnaît d'ailleurs lui-même: il a plus soldé les comptes de ses personnages que vraiment concocté une intrigue. Il devait, me dis-je, se reposer, après l'inspiration formidable de La version irlandaise. Un "one-shot" parfaitement construit et haletant de bout en bout. C'est un hors-série, mais sans aucun doute l'un des meilleurs de la série. Précipitez-vous.

                          

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